Cacolalie à l’école

D’Antonin DAURIAC

Voilà. Robinson a 50 ans. Ado, dans les années 70, il se retrouve petit prof de français et de latin entre les murs d’une salle de classe, avec son petit cartable, son petit costume de débutant, et toutes ses idées, les petites et les grandes. Dix années passent, vingt, trente… Il finit clown au cirque. Reconversion sur le tard ? Non : juste le métier qui a changé. En trente ans, la putain d’Education Nationale est devenue un putain de cirque.

Robinson, il a pas bien vu les coups venir, il en a pris plein la gueule, il a le nez rouge de clown qui pisse le sang. Alors on l’a envoyé se faire soigner à la Pinsonnière, une maison de repos de la MGEN – grosse fatigue, déprime, dégoût, la trajectoire banale de tant de rêveurs naufragés de l’Education Nationale.Robinson n’enseigne plus, il saigne.

Il règle ses comptes, il rend coup pour coup – aux élèves, aux parents, aux collègues, aux inspecteurs, aux Ministres, aux cons, aux petits et aux grands… Enfin il se lâche, Robinson, il en a marre, il largue les amarres, enfin il se barre, enfin il se marre…

A.D. – juin 2011

Cacolalie : trouble du langage caractérisé par la déformation et le remplacement de mots par d’autres et par des fautes de grammaire, observé chez certains malades atteints de troubles mentaux. Exemple : L’éducationale.

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avec : Laurent Priou, Cindy Dalle, Sosthène Galbrun
sous le regard complice de : Geneviève Thomas
décor, scénographie : Luc Boissinot
costumes : Jeanne Carvin
régie, création lumières : Stéphane Foucher
affiche, administration : David Limandat

Dossier Cacolalie